L'épanouissement dans l'entreprise
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Il n'y a pas de "quick win" pour poser les bases du bien-être au travail

En septembre, une vidéo tournait sur les réseaux sociaux, issue d’un reportage de L’info du vrai. On y voyait une CHO tâcher de motiver ses troupes à grand renfort de smoothies, petit dej sans gluten et mantras inspirants. Sur le papier, pourquoi pas. Ce qui met mal à l’aise, c’est le côté artificiel et forcé de cette intervention, comme si le bien-être était devenu une injonction. Il n’y a qu’à lire les commentaires édifiants des twittos pour mesurer le décalage entre le vécu des collaborateurs et de telles actions. On y entrevoit toute l’amertume et la méfiance face à ces initiatives qui partent certainement d’une bonne intention, mais échouent à s’attaquer au coeur du problème. Dommage, car cela nourrit les clichés négatifs sur le CHO qui peut par ailleurs avoir un rôle formidable dans l’entreprise.

Chez Bloomr, on a la chance d’être au contact au quotidien des deux côtés du miroir : celui des décisionnaires qui mettent nos programmes à dispositions des collaborateurs, collaborateurs, et celui des collaborateurs qui les suivent. Or, on a parfois l’impression qu’entre les deux, la connexion est coupée.

D’un côté il y a cette montée du sujet “bien-être au travail”, qui prend de plus en plus d’ampleur, probablement parce que les entreprises prennent peu à peu conscience qu’elles ne peuvent plus y couper et le placent enfin comme priorité. De l’autre, cette volonté de booster le bien-être des salariés s’accompagne parfois d’une certaine maladresse, qui peut finalement faire plus de mal que de bien.

Car en matière d’épanouissement professionnel, il n’y a pas de “quick win”. Pas de raccourci. Prendre le sujet à bras le corps implique de s’attaquer à des enjeux stratégiques, de réparer ce qu’il y a à réparer, et de s’ouvrir à des transformations potentiellement fondamentales.

Même l’aménagement de nouveaux bureaux, première action de choix pour beaucoup d’entreprises qui y voient une façon simple de faire quelque chose en faveur de la QVT sans révolutionner l’organisation, n’est en fait pas si anodin. Il soulève souvent des questions comme : open space ou bureaux individuels ? Postes fixes ou non ? Regroupement par service, par projets, par fonctions ? Ajout de salles de réunions ? D’isoloirs pour passer les appels ? Questions qui débouchent sur toute une interrogation autour des modes de travail, de la collaboration, du management, du télétravail, de l’autonomie, etc.

Autrement dit, parce que l’entreprise est un système dans lequel tout est lié, une simple action peut, par effet de cascades, conduire à une remise en question des fondamentaux de l’organisation.

Finalement, le bien-être au travail, c’est un peu comme dans une relation amoureuse. Il ne suffit pas de couvrir son/sa partenaire de roses pour que la relation soit harmonieuse. Il faut bien plus que cela. Il faut du respect, de la confiance, de l’écoute, du dialogue, de la complicité, de l’indépendance… Il faut que chaque partenaire ait envie que le couple fonctionne, y mette du sien, s’implique et fasse des compromis. C’est une attention de tous les jours.

L’épanouissement au travail, aussi, se cultive au quotidien, non pas comme un vernis qu’on pose pour camoufler les dysfonctionnements humains, mais comme un souci permanent de favoriser un environnement sain où chacun peut évoluer en harmonie.